Com que l'autor principal d'aquest blog es troba des de fa un temps en una altra dimensió, i com que em va deixar les claus per si volia regar de tant en tant l'hortet, aprofitaré per festejar el Dia mundial de la poesia.
Existeix un espai, entre tots dos, que alhora ens separa i uneix: és un àmbit mudable que modelam tu i jo donant-li formes nostres amb les quals definim, a cada instant, el demble de l'esforç rabiüt que feim per vincular-nos. Ens movem per dins ell segurs: és bla i retràctil, afavoreix l'avenç d'un cos en cercar l'altre convertint la distància en una transparència i es deixa travessar pel vol de la paraula sense que el seu sentit perdi ni un plomissol. És el terrer calent on el prodigi arrela! Quan la vida ens distreu, uns instants, un de l'altre requerits per mesters o afanys de sobreviure, engrandeix de volum avançant les fronteres que, amb el teu cos i el meu, conforma a banda i banda. Perfila a cada instant l'exacta dependència, engrandida o minvada, que ens uneix, variable segons com al moment ens aleni la vida. És el centre del món i el punt on feim bescanvi dels confins personals que l'amor configura. De nosaltres és ple de batecs, de deixalles, de grafittis urgents, de reclams vius, d'ardències. Ell és el passadís que embrutam: adorem-lo, perquè dins ell hi ocorre el millor de nosaltres.
Avec le temps... avec le temps, va, tout s'en va on oublie le visage et l'on oublie la voix le cœur, quand ça bat plus, c'est pas la peine d'aller chercher plus loin, faut laisser faire et c'est très bien
avec le temps... avec le temps, va, tout s'en va l'autre qu'on adorait, qu'on cherchait sous la pluie l'autre qu'on devinait au détour d'un regard entre les mots, entre les lignes et sous le fard d'un serment maquillé qui s'en va faire sa nuit avec le temps tout s'évanouit
avec le temps... avec le temps, va, tout s'en va mêm' les plus chouett's souv'nirs ça t'as un' de ces gueules à la gal'rie j'farfouille dans les rayons d'la mort le samedi soir quand la tendresse s'en va tout' seule
avec le temps... avec le temps, va, tout s'en va l'autre à qui l'on croyait pour un rhume, pour un rien l'autre à qui l'on donnait du vent et des bijoux pour qui l'on eût vendu son âme pour quelques sous devant quoi l'on s'traînait comme traînent les chiens avec le temps, va, tout va bien
avec le temps... avec le temps, va, tout s'en va on oublie les passions et l'on oublie les voix qui vous disaient tout bas les mots des pauvres gens ne rentre pas trop tard, surtout ne prends pas froid
avec le temps... avec le temps, va, tout s'en va et l'on se sent blanchi comme un cheval fourbu et l'on se sent glacé dans un lit de hasard et l'on se sent tout seul peut-être mais peinard et l'on se sent floué par les années perdues- alors vraiment avec le temps on n'aime plus